Réunion publique sur la transformation de l’usine Ametyst à Montpellier
Le 11 mai 2026, une centaine de citoyens se sont réunis à Montpellier pour discuter du projet de transformation de l’usine de traitement des déchets Ametyst. Cette première réunion publique a vu la participation de riverains, d’associations et d’opposants, qui ont exprimé leurs préoccupations concernant les risques sanitaires liés à la future chaufferie CSR (Combustible Solide de Récupération).
Un débat houleux
François Vasquez, ancien vice-président écologiste de la Métropole, a attendu plus de deux heures avant de pouvoir s’exprimer. Il a profité de cette occasion pour critiquer le projet qu’il conteste depuis longtemps. « Vous prétendez mener un suivi épidémiologique, mais cela ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est un registre des cancers », a-t-il déclaré avec véhémence devant l’assemblée.
Inquiétudes sur la santé publique
Le projet de transformation de l’usine Ametyst, située dans le quartier Garosud-les Grisettes, est l’un des sujets les plus controversés de la Métropole. Lors de la dernière campagne municipale, Michaël Delafosse a défendu ce projet, tandis que ses opposants l’ont qualifié d’incinérateur déguisé, soulevant des inquiétudes sur les conséquences sanitaires des futures émissions atmosphériques.
François Vasquez a dénoncé une concertation qu’il juge biaisée, affirmant que les réunions étaient conçues pour faire avancer le projet plutôt que pour écouter les préoccupations des citoyens. « Les services de la Métropole semblent davantage soutenir l’industriel que de défendre les intérêts des habitants », a-t-il ajouté.
Réponses de la Métropole
Pierre-Marie Carvajal, vice-président de la Métropole, a tenté de rassurer les participants en affirmant que la santé publique était une priorité. « Nous sommes déterminés à garantir la qualité du travail de notre délégataire et à approfondir les recommandations sanitaires », a-t-il déclaré.
Actuellement, environ 60 % des déchets traités à Ametyst sont envoyés vers des sites d’enfouissement ou d’incinération. La Métropole envisage de transformer l’usine, ouverte en 2008, pour améliorer le tri des déchets et créer une chaufferie CSR. Ce système vise à utiliser les déchets non recyclables pour produire de la chaleur et de l’énergie, mais suscite des craintes parmi les riverains concernant les microparticules et leur impact sur la santé.
Clarifications sur le projet
L’exploitant Urbaser Environnement a précisé que la chaufferie CSR ne doit pas être assimilée à un incinérateur. Selon Béranger Saltel-Pongy, directeur des relations contractuelles, « un incinérateur traite des déchets bruts sans tri, tandis qu’une chaufferie CSR prépare les déchets non dangereux et extrait les matériaux recyclables ».
Perspectives d’avenir
La concertation publique se poursuivra jusqu’au 14 juin 2026, avec un investissement prévu de 110 millions d’euros. La Métropole promet une usine de « haute performance environnementale » qui pourrait multiplier par 6,5 la production d’énergie locale et réduire l’enfouissement des déchets.
Les autorisations administratives sont attendues pour début 2027, avec un démarrage des travaux prévu en septembre 2027 et une mise en service complète de la nouvelle usine Ametyst en 2030. La Métropole espère également que les revenus générés par la production d’énergie permettront de diminuer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les habitants, une promesse faite par Michaël Delafosse lors de sa réélection.
Pour plus d’informations sur la gestion des déchets en France, vous pouvez consulter le site de l’ ADEME.
En conclusion, le projet de transformation de l’usine Ametyst soulève des débats passionnés et des inquiétudes légitimes parmi les citoyens. La Métropole devra naviguer avec soin entre les attentes des habitants et les impératifs environnementaux pour mener à bien cette initiative.










