L’aviation russe face aux sanctions : une résilience inattendue
Quatre ans après le début du conflit en Ukraine, les sanctions imposées par l’Occident n’ont pas eu l’effet escompté sur l’aviation civile russe. Malgré les restrictions, un réseau complexe de fournisseurs, principalement basés en Inde et en Turquie, permet à la Russie de continuer à faire voler ses avions, notamment des Airbus fabriqués à Toulouse.
Un contexte de sanctions
En février 2022, l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni ont mis en place des sanctions strictes contre la Russie suite à son invasion de l’Ukraine. Ces mesures visaient à paralyser l’aviation civile en empêchant l’accès aux pièces de rechange et à la maintenance, ce qui aurait dû immobiliser les flottes russes en quelques mois. Cependant, une enquête approfondie de Bloomberg révèle qu’aujourd’hui, les compagnies aériennes russes transportent presque autant de passagers qu’avant le conflit.
Un réseau d’approvisionnement clandestin
Les avions de ligne russes, y compris les modèles Boeing et Airbus, continuent de voler grâce à un réseau d’approvisionnement discret qui fait transiter des pièces détachées par des pays comme l’Inde, la Turquie, les Émirats Arabes Unis et le Kazakhstan. Par exemple, des moteurs CFM destinés aux A320 ont été vendus par un fournisseur luxembourgeois à une entreprise indienne, avant d’être acheminés vers la compagnie Rossiya Airlines en Russie, malgré les interdictions de réexportation.
La situation actuelle des flottes russes
Actuellement, la Russie dispose de 460 avions Airbus et Boeing en service actif, sur un total de 838 appareils. Les modèles A320 classiques continuent de voler, tandis que la famille A320neo, plus récente, fait face à des difficultés. Bien qu’Airbus ait rompu tout contact avec ses clients russes dès le printemps 2022, des pièces continuent d’arriver en Russie par des voies détournées.
L’autonomie croissante des compagnies russes
Les compagnies aériennes russes, face à ces défis, ont commencé à développer leur propre autonomie. Par exemple, S7 Airlines a élargi son centre de maintenance à Moscou-Cheremetievo pour les moteurs A320 et Boeing 737. De plus, Aeroflot a obtenu en 2024 la certification pour effectuer elle-même les réparations de ses moteurs Airbus, réduisant ainsi sa dépendance à l’étranger.
Conclusion
En dépit des sanctions, l’aviation russe a su s’adapter et trouver des solutions pour maintenir ses opérations. Grâce à un réseau d’approvisionnement international et à une autonomie accrue, les compagnies aériennes russes continuent de fonctionner, défiant ainsi les attentes initiales des sanctions. Cette résilience soulève des questions sur l’efficacité des mesures prises par l’Occident et sur l’avenir de l’aviation civile en Russie. Pour en savoir plus sur les implications des sanctions, vous pouvez consulter le site de l’Institut français des relations internationales (IFRI).









