Une Tragédie Éclairant la Crise du Logement en Espagne
Le 7 octobre 2026, Madrid a perdu une figure emblématique de la lutte pour le logement. Maricarmen Abascal, âgée de 87 ans, est décédée à l’hôpital, deux semaines après avoir été expulsée de son appartement qu’elle occupait depuis 70 ans. Son histoire tragique met en lumière la crise du logement qui touche de nombreux Espagnols.
Un Loyer Insoutenable
Maricarmen vivait dans le quartier de Retiro, à Madrid, depuis 1956, dans un appartement dont le loyer était resté stable grâce à un ancien régime locatif, la renta antigua. Cependant, en 2018, la société immobilière Urbagestión Desarrollo e Inversión a acquis le bien et a contesté son droit à conserver son contrat de location. Le loyer, qui était d’environ 500 euros, a été multiplié par cinq, atteignant 2 650 euros, un montant inabordable pour une pension de retraite de 1 350 euros par mois.
Une Mobilisation Collective
Le 23 septembre, Maricarmen a été expulsée de son domicile, un événement qui a suscité une vague d’indignation à Madrid. Des milliers de manifestants ont scandé le slogan « Ce n’est pas une mort, c’est un assassinat », dénonçant les conditions de son expulsion. Malgré une offre d’aide financière d’une donatrice anonyme, la procédure d’expulsion a continué, et Maricarmen a été transportée à l’hôpital sur un brancard, entourée de voisins et de militants qui ont tenté de l’aider.
Un Accord Trop Tardif
Peu avant son décès, un accord avait été trouvé avec la société immobilière, permettant à Maricarmen de revenir dans son appartement grâce à un nouveau bail de huit ans. Malheureusement, son état de santé ne lui a pas permis de profiter de cette opportunité. Elle est décédée le 7 octobre, laissant derrière elle une communauté en deuil et une lutte pour le droit au logement.
Une Crise Nationale
L’histoire de Maricarmen est révélatrice d’une crise du logement qui touche de nombreux Espagnols, en particulier dans des villes comme Madrid et Barcelone. Les loyers continuent d’augmenter, tandis que l’offre de logements abordables reste insuffisante. Les jeunes, les familles et les retraités se retrouvent dans une situation précaire, cherchant désespérément des logements adaptés à leurs revenus.
Une Réaction Politique
Face à cette crise, le gouvernement espagnol a tenté d’introduire des mesures pour encadrer les loyers et limiter les expulsions. Cependant, ces propositions ont rencontré une forte opposition au Parlement. La question du logement est devenue un enjeu central de la campagne électorale, avec des élections anticipées convoquées pour le 29 novembre 2026.
Conclusion
Maricarmen Abascal est devenue un symbole de la lutte pour le droit au logement en Espagne. Son histoire tragique rappelle l’importance de défendre les droits des locataires face à une crise qui ne cesse de croître. Alors que les rues de Madrid continuent de vibrer au rythme des manifestations, la mémoire de Maricarmen inspire une mobilisation collective pour un avenir où chacun peut vivre sans craindre l’expulsion. Pour plus d’informations sur les droits des locataires en Espagne, vous pouvez consulter le site de l’Institut de la consommation.








