Mobilisation pour les droits des femmes
Ce vendredi soir, sous une pluie battante, une trentaine de membres du Collectif Droit des femmes 65 se sont rassemblés près de la discothèque RG Room à Tarbes. Leur but était de s’opposer au concert du rappeur marseillais Naps, actuellement sous contrôle judiciaire après avoir été condamné en première instance à sept ans de prison pour viol. Bien que l’artiste ait fait appel de cette décision et soit présumé innocent jusqu’à nouvel ordre, les militants féministes estiment que sa présence à Tarbes envoie un message inquiétant aux victimes de violences sexuelles.
Une mobilisation visible
Les manifestants ont choisi de se positionner au rond-point de l’avenue des Forges pour maximiser leur visibilité. Ils ont chanté et scandé des slogans, espérant attirer l’attention des automobilistes et des fans se rendant au concert. Si certains conducteurs ont exprimé leur soutien en klaxonnant, d’autres ont réagi de manière hostile, en accélérant ou en proférant des insultes.
Clothilde, membre du collectif, a souligné l’importance d’une intervention politique plus ferme : « Cet artiste est sous contrôle judiciaire, et il aurait été judicieux que le préfet prenne en compte les implications de cette situation. » Les militants ont également noté que, dans d’autres départements, des élus avaient demandé l’annulation d’événements similaires. « Ici, malgré les réserves du maire de Tarbes, le concert a été maintenu. Cela témoigne d’un manque de courage politique », a-t-elle ajouté.
La controverse autour de la programmation
La polémique entourant ce concert a pris de l’ampleur ces derniers jours. Dans un communiqué, Ludovic Basso, gérant du RG Room, a affirmé son engagement envers « le droit des femmes », tout en insistant sur le respect de la présomption d’innocence. Selon lui, la discothèque n’a pas pour vocation de soutenir personnellement les artistes qu’elle accueille, mais se concentre uniquement sur une « finalité musicale ».
Cependant, cette position est contestée par le Collectif Droit des femmes 65. Les membres estiment que maintenir ce concert revient à minimiser la souffrance des victimes et à banaliser les violences sexuelles. « Cet artiste a été condamné, et bien qu’il ait fait appel, plusieurs autres plaintes ont été déposées contre lui depuis 2024. Laisser cet artiste se produire, c’est lui donner une visibilité inacceptable », a déclaré une participante.
Un appel à la solidarité
Les militantes ont rappelé que d’autres festivals avaient choisi de déprogrammer des artistes accusés de violences sexistes et sexuelles, invoquant un « principe de précaution ». Elles ont également souligné les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice. « Nous ne remplaçons pas les tribunaux, mais nous refusons que la parole des femmes soit systématiquement discréditée », ont-elles affirmé avec conviction.
Malgré les intempéries, le rassemblement a continué dans une atmosphère déterminée. « Nous étions là pour Gérard Depardieu, et nous serons toujours là pour défendre la voix des victimes. » Ce mouvement témoigne d’une volonté collective de faire entendre les préoccupations liées aux droits des femmes et à la lutte contre les violences sexuelles.
Pour plus d’informations sur les droits des femmes, vous pouvez consulter le site de l’Institut national d’études démographiques (INED).









