La Transition vers une Souveraineté Numérique en France
La France s’engage résolument sur la voie de la souveraineté numérique, marquant ainsi la fin de sa collaboration avec la société américaine Palantir. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se tournerait vers la start-up française ChapsVision pour ses besoins en matière de traitement de données.
Palantir : Un Partenaire Controversé
Fondée après les attentats du 11 septembre 2001, Palantir a fourni à la DGSI son logiciel Gotham, utilisé pour l’analyse et le tri des données. La coopération entre les services de renseignement français et Palantir a débuté après les attentats de novembre 2015 à Paris, coïncidant avec l’ouverture d’une antenne de l’entreprise en France. Le premier contrat a été signé en décembre 2016, faisant de la France le premier pays en dehors des États-Unis à adopter cette technologie pour sa sécurité intérieure. Ce partenariat a été renouvelé à plusieurs reprises, en 2019, 2022 et à nouveau en décembre 2025. Cependant, les responsables de la DGSI avaient toujours considéré cette collaboration comme temporaire, en attendant le développement d’une solution française.
Un Nouveau Cap avec ChapsVision
La décision de se séparer de Palantir s’inscrit dans un contexte où la France a enfin développé une alternative nationale crédible. ChapsVision, qui a remporté un appel d’offres en 2024 pour la préparation des données, est désormais en position de remplacer l’entreprise américaine. Son fondateur, Olivier Dellenbach, ambitionne de faire de ChapsVision un acteur clé de la cyberintelligence, tant pour les entreprises que pour les institutions publiques.
Les Enjeux de la Sécurité Numérique
Cette transition s’accompagne de préoccupations croissantes concernant la dépendance vis-à-vis des technologies américaines. La décision de Sébastien Lecornu a été renforcée par des événements récents, notamment l’interdiction par l’administration Trump de fournir des systèmes d’intelligence artificielle à des entités étrangères. Le Premier ministre a souligné l’importance de ne pas être tributaire de partenaires dont les décisions peuvent changer rapidement.
De plus, les méthodes de Palantir suscitent des controverses à l’échelle internationale, notamment en raison de son implication dans des opérations de surveillance de masse et de son partenariat avec des agences telles que l’ICE aux États-Unis. Le fondateur de Palantir, Peter Thiel, est également connu pour ses positions politiques libertariennes et son soutien à Donald Trump.
Un Avenir à Construire
Malgré l’annonce de la transition vers ChapsVision, la route vers une pleine autonomie numérique pourrait prendre plusieurs années. En effet, le contrat avec Palantir, renouvelé récemment, reste en vigueur jusqu’en 2028. Les équipes de la DGSI n’ont pas été informées de cette décision avant sa divulgation dans les médias, et Palantir a rapidement réagi en affirmant que son contrat demeurait actif.
La mise en œuvre de la solution ChapsVision nécessitera du temps pour assurer une transition fluide, avec un engagement à maintenir la continuité des services pendant cette période. La France se dirige ainsi vers une nouvelle ère de souveraineté numérique, tout en cherchant à renforcer ses capacités en matière de sécurité intérieure.
Pour en savoir plus sur les initiatives numériques en France, vous pouvez consulter le site de l’ANSSI.










