Analyse de la Gestion Financière d’Antibes
La Chambre régionale des comptes a récemment publié un rapport détaillant la gestion financière de la ville d’Antibes pour la période 2019-2024. Ce document met en lumière les défis liés à l’endettement de la commune, tout en soulignant la stratégie adoptée par le maire, Jean Léonetti, pour maintenir une fiscalité basse.
Un Endettement Fluctuant
L’un des principaux indicateurs examinés par les magistrats est la capacité de désendettement, qui évalue le temps nécessaire pour rembourser l’ensemble des emprunts de la ville grâce à son épargne. En 2023, cette capacité est estimée à près de 24 ans, bien au-delà du seuil d’alerte fixé à 12 ans. Les fluctuations de cet indicateur ont été marquées, passant de 12 ans en 2022 à un alarmant 103 ans en 2020, en raison d’une dette élevée. Bien que la dette totale ait légèrement augmenté, passant de 200 millions d’euros à 202,4 millions d’euros entre 2018 et 2023, la dette par habitant s’élève à 2 671 euros, largement supérieure à la moyenne des communes littorales comparables, qui est de 1 531 euros.
Dépendance aux Cessions Immobilières
Le rapport souligne également la dépendance de la ville aux cessions de terrains pour équilibrer son budget. La vente du terrain des Trois Moulins, par exemple, a été prévue pour générer 44,7 millions d’euros, mais des retards dans la transaction ont eu des conséquences néfastes sur les prévisions budgétaires. Cette situation a contribué à l’augmentation de l’endettement, alors même que la priorité affichée par l’exécutif était le désendettement.
Jean Léonetti défend cependant cette approche, arguant que la valorisation du patrimoine communal a permis de générer des recettes exceptionnelles. Il souligne que les financements exceptionnels et les subventions représentent plus de la moitié du programme d’investissement de 285 millions d’euros.
Fiscalité et Perspectives d’Avenir
La Chambre régionale des comptes a également noté que les taux d’imposition à Antibes sont particulièrement bas. Par exemple, le taux de la taxe foncière bâtie est de 28 %, bien en dessous de la moyenne de 35,84 % pour des communes similaires. Une augmentation de ce taux pourrait rapporter 14 millions d’euros supplémentaires par an à la ville. Cependant, Jean Léonetti s’oppose fermement à toute hausse d’impôts, affirmant que sa stratégie vise à maintenir une fiscalité avantageuse pour les habitants.
Pour le nouveau mandat, le maire a prévu des investissements estimés à 180 millions d’euros, soit une réduction significative par rapport aux projets précédents, la plupart ayant déjà été réalisés.
Conclusion
La gestion financière d’Antibes soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre endettement et fiscalité. Alors que la ville continue de s’appuyer sur des cessions immobilières pour financer ses projets, la nécessité d’une stratégie budgétaire plus stable et prévisible se fait de plus en plus pressante. La situation actuelle appelle à une réflexion approfondie sur les choix fiscaux et d’investissement à venir. Pour plus d’informations sur la gestion des finances publiques, vous pouvez consulter le site de la Cour des comptes.










